mercredi 6 mai 2009

Déçu, il retourne en France

Murielle Chatelier
Le Journal de Montréal
15 juillet 2008

Malgré ses 15 ans d'expérience comme pompier en France, Ludovic Raynal doit tout recommencer à zéro pour être pompier au Québec.

«J'ai toujours dit qu'il y a des différences entre le travail d'un pompier français et celui d'un pompier québécois, mais de là à tout réapprendre ?», s'insurge M. Raynal.

Bardé de toutes les attestations possibles dans son métier - il a plus de 2 000 heures de formation à son actif -, M. Raynal a appris au cours des dernières semaines que son expérience et ses qualifications ne valent pas grand-chose au Québec.

«Les trois écoles que j'ai contactées m'ont informé que je dois suivre une formation complète si je veux travailler au Québec. Je devrais même réapprendre à enfiler ma tenue de pompier !», dénonce-t-il.

Installé dans le 4 1/2 d'une cousine, M. Raynal vit entassé avec huit autres personnes, dont sa femme et son fils.

«On ne veut pas dépenser toutes nos économies inutilement pour se loger, déclare-t-il. Même ma femme ne peut pas travailler dans son domaine comme préposée bénéficiaire, alors qu'elle l'a fait pendant 14 ans en France.»

Une équivalence qui n'en est pas une

Désireux de poursuivre sa carrière dans le seul domaine qu'il connaît, M. Raynal a demandé une équivalence de ses acquis au ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles.

Selon cette instance gouvernementale, ses acquis se traduisent au Québec par une attestation d'études collégiales en bâtiment et travaux publics.

«Déjà, c'est en dessous de mon niveau français, et en plus, je ne sais même pas en quoi consiste ce diplôme.»

M. Raynal a donc contesté l'évaluation comparative de ses études. Mais le Ministère est resté sur sa position.

Départ forcé

Arrivé en mai dernier, le pompier a déjà pris la décision de ramener son petit monde en France, à moins d'un revirement majeur. Son conteneur d'effets personnels n'a même pas encore atteint nos rives.

«C'est tout ce qu'on attend. Dès qu'il arrive, on s'en va. Comment peut-on rester au Québec dans des conditions pareilles alors qu'on est venus pour avoir une meilleure qualité de vie ?»

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire