mercredi 6 mai 2009

Descente de police dans une garderie

Murielle Chatelier
Le Journal de Montréal
17 octobre 2008

Primeur

La DPJ et la police ont eu toute une surprise en se rendant dans une garderie privée de Deux-Montagnes. Ils ont découvert 8 bambins attachés dans des sièges d'auto et camouflés entre une haie de cèdre et la maison de leur gardienne.

Ayant en main une plainte pour négligence envers des enfants, des agents de la DPJ se sont pointés, le 30 septembre dernier, à la garderie privée Le Jardin des frimousses, située 2e Avenue Nord. Ils étaient assistés d'agents du Service de police régionale de Deux-Montagnes et d'inspecteurs du ministère de la Famille et des Aînés.

Lors de l'inspection, ils ont découvert les enfants dehors. «Ainsi, il y avait 7 enfants dans le garage, un enfant était attaché dans un siège d'auto sur la table de cuisine, 8 étaient attachés dans des sièges d'auto, cachés à l'extérieur entre la maison et la haie de cèdre, et 2 autres enfants se promenaient dans la cour», peut-on lire dans une lettre du Ministère.

On y précise aussi que «la santé et la sécurité des enfants présents dans cette résidence (étaient) menacées».

Les autorités ont immédiatement contacté les parents pour qu'ils viennent récupérer leurs enfants dans cette garderie exploitée sans permis du Ministère.

Garderie surpeuplée

Au total, 18 enfants se faisaient garder dans un local exigu, au coût de 20 $ par jour. La gardienne, Nathalie Girard, disait se faire assister de son fils de 20 ans, qu'un parent rencontré sur les lieux n'a jamais vu.

«Nathalie m'a dit qu'elle se faisait aider par son fils, mais je ne l'ai jamais rencontré quand je venais», affirme Katrine Chaîné. Hier, elle s'est présentée sur place pour récupérer les effets personnels de son fils, après avoir tenté en vain de joindre sa gardienne.

«Je sais qu'il y avait beaucoup d'enfants, dit la jeune femme, mais comme on me donnait des reçus d'impôts et que c'était bien décoré, j'avais vraiment confiance.»

Une semaine après cet événement, le ministère de la Famille et des Aînés a fait parvenir une lettre à la gardienne fautive pour l'enjoindre de cesser ses activités.

La DPJ confirme qu'une enquête est en cours. «Certains faits restent à être validés, mais nous nous sommes assurés qu'aucun enfant n'est plus dans une situation à risque», a indiqué Joël Villeneuve, le chef de service à l'accueil de la DPJ.

«Je ne suis pas une criminelle»

Nathalie Girard prétend que c'est la panique de voir des policiers arriver chez elle qui l'a poussée à cacher les enfants à l'extérieur de sa garderie.

«Quand j'ai vu les policiers débarquer, j'ai été prise de panique», soutient la gardienne, qui se décrit comme une personne «hyperactive, nerveuse et impulsive».

Elle s'est donc précipitée pour cacher son trop-plein d'enfants et les soustraire à l'arrivée de «ces étrangers».

«La police m'a traitée comme une sauvage et ils se sont introduits de façon abusive chez moi. Je ne suis quand même pas une criminelle!» s'écrie celle qui exploite cette garderie privée depuis trois ans.

Pas en danger

Sans chercher à s'en cacher, elle admet qu'il y avait un nombre d'inscriptions trop élevé dans sa garderie.

Par ailleurs, elle soutient qu'elle prévoyait se procurer un permis dans les semaines à venir et que l'intervention de la DPJ l'a prise de court.

«Les enfants n'étaient nullement en danger. En plus, ils n'étaient pas tous là en même temps et je n'étais pas toute seule pour m'en occuper», se défend-elle.

Pour son conjoint, Sylvain Gascon, il n'y «a rien de grave» à garder 18 enfants en même temps.

«Le Ministère dit qu'on ne peut pas garder plus de 6 enfants à la fois, mais ce n'est qu'une norme, rien de plus. Nous n'avons fait qu'une petite entorse au règlement.»

Mme Girard a maintenant mis sa maison en vente.

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