mercredi 6 mai 2009

On se bouscule au portillon

Murielle Chatelier
Le Journal de Montréal
7 décembre 2008


Après un début de saison riche en émotions où la notion de compétition a cédé sa place à une grande complicité sur le plateau de l’émission, Le Match des étoiles présentera sa première demi-finale mercredi.

La nouvelle formule de l’émission a changé la donne. Trois artistes qui évoluent sur scène pendant quatre semaines – au lieu d’un nouvel artiste chaque semaine –, ça crée des moments de télé très intimes.

«L’atmosphère a beaucoup changé sur le plateau, estime Normand Brathwaite. Les artistes s’attachent à leur chorégraphe, et vice-versa, et à la fin de chaque quart de finale, tout le monde pleure!»

Pour l’animateur, heureux que la danse soit revenue à la mode, le volet «public» apporte aussi son lot d’émotions. Cette année, une invitation «par métiers» a été lancée.


«Pour ces gens, infirmiers, chauffeurs d’autobus, pompiers, c’est le rêve d’une vie qui se réalise», croit l’animateur, ravi de cette dimension humaine qui donne un côté vrai à son émission.

«Et ils sont impressionnants! Ils rehaussent le niveau du spectacle et avec eux, on voit que beaucoup de gens savent danser au Québec.»

POPULARITÉ GRANDISSANTE

Les artistes et le public font des pieds et des mains pour participer à l’émission, si bien que la banque de candidats potentiels est remplie à craquer.

«On pourrait poursuivre l’émission avec la même formule pendant au moins quatre ans», assure la chef recherchiste Chantal Rousseau.

Selon elle, le travail ardu qui attend les danseurs n’est pas un frein à leur envie de se produire sur scène. Chaque semaine, tous les candidats doivent en effet se soumettre à un entraînement intensif de 12 heures.

Et même dans les écoles et les bureaux, le concept de cette émission, qui figure parmi les dix plus populaires de Radio-Canada, semble faire fureur.

«Les gens organisent des partys sous le thème du Match des étoiles. C’est très agréable de constater à quel point l’émission fonctionne», se réjouit Mme Rousseau.


•Le Match des étoiles, première demifinale présentée le mercredi 10 décembre, à 20 heures, sur les ondes de Radio-Canada.


LE DUR MÉTIER D'ANALYSTE

Le métier d’analyste est parfois ingrat. Pourtant, c’est avec joie que s’y prêtent Geneviève Guérard et Yves Desgagnés depuis quatre ans.

Que représente le rôle de commentateur pour vous?

G.G.: Ça représente pour moi une belle occasion de faire une transition de carrière. Ce rôle m’a permis de faire mon entrée dans le monde des communications, ce dont je rêve depuis mon plus jeune âge. C’est aussi un pur plaisir de voir des gens qui ne sont pas des professionnels exécuter des chorégraphies.

Y.D.: C’est un privilège d’être aux premières loges pour voir nos danseurs étoiles. Mon rôle en est beaucoup un de décorum parce Le Match des étoiles est avant tout une célébration de la beauté. L’expression humaine, c’est ça qui a de la valeur.

Qu’aimez-vous particulièrement de ce rôle?

G.G.: Encourager. Je me vois comme quelqu’un qui va faire ressortir le côté positif des performances des artistes. Si c’était de la danse professionnelle, j’agirais sûrement autrement. Avec la nouvelle formule du Match des étoiles, semaine après semaine, je peux donner des trucs aux danseurs pour qu’ils puissent s’améliorer.

Y.D.: Être à l’intérieur de la musique et de la danse. Ça me fait penser à mes premières amours, la Ligue nationale d’improvisation. J’ai l’impression de retrouver ce parfum-là avec le public et Normand, qui était avec moi à ce moment-là.

À quelles difficultés faites-vous face dans votre travail d’analyse de prestations?

G.G.: Premièrement, on ne voit pas du tout les numéros avant. Je dois donc formuler des commentaires cohérents et intéressants en l’espace de dix secondes, après chaque chorégraphie. C’est un stress de me rappeler de ce que je viens de voir et de le traduire en si peu de temps.

Y.D.: D’abord, il faut éviter de se répéter constamment. Après quatre ans, on a l’impression d’avoir visité tout le catalogue des compliments! Et il faut aussi personnaliser chaque commentaire.

Avec cette expérience d’analyste, est-ce que la danse revêt un attrait différent pour vous?

G.G.: C’est certain qu’avant, j’étais dans la position des danseurs et je n’ai jamais eu à verbaliser une chorégraphie. J’ai découvert que j’étais capable de comprendre une danse et de vulgariser des commentaires pour que le public comprenne mes impressions.

Y.D.: Oui! L’envie de mettre en scène un spectacle qui réunit la musique et la danse (Sherazade – Les Mille et une Nuits) est directement reliée à cette pratique.

Est-ce qu’il vous arrive parfois d’avoir envie d’enfiler un costume et de grimper sur scène?

G.G. (Rires): C’est certain! J’envie souvent les danseurs. J’aimerais parfois essayer la danse plus commerciale, comme le hip-hop. Ça pourrait être drôle! Mais ce n’est pas pour ça que je suis là.

Y.D.: Au moins une fois par semaine! Hier encore, je me retenais à deux mains pour ne pas sauter sur la scène. Et c’est ça le but de l’émission, créer cette envie de danser.

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