mercredi 6 mai 2009

Petit bonheur, gros plaisir

Murielle Chatelier
Le Journal de Montréal
9 janvier 2009


Le bonheur est simple, dit-on. Il semble bien que les cinq complices du spectacle 20 ans de bonheur le comprennent ainsi. Parce que c'est avec peu qu'ils ont offert beaucoup de plaisir à leur public, hier, au Cabaret du Casino de Montréal.

C'est dans une ambiance feutrée, où quelques bougies sur les tables illuminent légèrement la salle, que Jean-Guy Piché, un véritable boute-en-train, a semé des étincelles de joie dans son public.

Depuis 20 ans, lui et ses musiciens sillonnent le Canada et les États-Unis pour présenter leur Tournée du bonheur à un public du troisième âge (le groupe se produit régulièrement dans des résidences pour personnes âgées et dans des établissements de santé).

En puisant dans un répertoire de plus de 1000 chansons et pièces musicales qui s'étendent du début des années 1900 à aujourd'hui, ils ravivent les souvenirs des uns et font rêvasser les autres, plus jeunes.

Pas d'artifices

Sur une scène complètement dénudée, le chanteur et animateur y est allé de pas de danse, qu'il voulait maladroits, et de gags sur les couples, la longévité et l'amour, pour amuser les spectateurs.

«Les couples qui sont ensemble depuis très longtemps, c'est-tu de l'amour ou de l'intérêt? J'ai posé la question à une femme et elle m'a répondu: C'est sûrement de l'amour, parce de l'intérêt, y en a pus pantoute!»

Oui, un humour d'une autre époque, mais qui semblait plaire au public, qui se tapait les cuisses et en redemandait.

Dégageant toute une énergie et une vitalité -il faut le faire dans un costume noir et blanc avec des bretelles! -le chanteur a éclipsé ses musiciens. Mais il n'y a là rien de bien étonnant puisqu'il était le seul à interagir avec le public.

Heureux comme un roi (Francis Lopez), Ma mère chantait (Fabienne Thibeault), Mille après mille (Willie Lamothe) ne sont que quelques-uns des succès qu'il a entonnés avec sa voix de crooner.

À peine au tiers du spectacle, une dame âgée, apparemment très enchantée par sa prestation, l'a interrompu pour lui demander: «Vendez-vous des CD? J'aimerais ça.»

Mais...

Mais, il y a un petit mais. Les transitions entre les chansons étaient parfois brutales. Passer d'un must comme What a Wonderful World, de Louis Armstrong, à la chanson folklorique C'est l'aviron, c'est dur pour l'oreille.

Ou encore d'une magnifique narration sur La Trace de pas, toute en douceur, et qui a même arraché des larmes aux âmes sensibles, à une chanson rythmée comme Mille après mille.

Par contre, quand une dame s'écrie à la fin du spectacle: «C'est le plus bel après-midi de toute ma vie", tous les mais du monde ne pèsent plus rien dans la balance.

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