mardi 27 juillet 2010

Trois générations sous un même toit

Murielle Chatelier
Enfants Québec
Novembre-Décembre 2009
Extrait

De plus en plus de jeunes familles choisissent d’habiter sous le même toit que leurs parents. Un choix judicieux… pour peu que chacun y soit bien préparé.


Pierre-Yves Dalcé est un Montréalais de 34 ans qui vit depuis quatre ans dans un duplex avec sa femme, sa fille de 3 ans, sa mère… et sa belle-mère! « Lorsque j’ai dit à mon agent immobilier que nous allions tous emménager ensemble, il s’est écrié : Mais vous allez vous battre! », se rappelle-t-il en riant. « La cohabitation intergénérationnelle, ce n’est vraiment pas fait pour tout le monde », admet l’unique homme de la maison. De plus en plus de monde s’y essaye, pourtant.

Dans un rapport publié en mars 2002, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) observait dans la population « une tendance faible mais croissante vers des modes de logement regroupant plusieurs générations, comme des habitations bifamiliales ou des duplex, en vue de répondre aux besoins des jeunes et des aînés ». Selon les données du recensement de 2001, ce sont plus de 400 000 grands-parents qui vivraient dans un ménage multigénérationnel au pays.

Très proche de sa mère, avec qui il a vécu jusqu’à l’âge adulte, Pierre-Yves a pris l’initiative d’inviter les deux grands-mères de sa fille à se joindre au joyeux ménage qu’il formait avec sa femme Edwidge et sa fille. Les deux grands-mères se partagent amicalement le sous-sol de la maison, tout en ayant chacune leur espace. « On s’étonne souvent que je cohabite avec ma belle-mère - le mythe du beau-fils qui ne s’entend pas avec la mère de sa femme a la couenne dure!-, mais nos caractères sont compatibles, et elle a le mérite de ne jamais s’ingérer dans mes histoires de couple », explique Pierre-Yves.

Pour sa femme Edwige, il ne faisait aussi aucun doute que ce type de cohabitation serait bénéfique pour chaque membre de cette grande famille. Partage des dépenses, gardienne en tout temps, entraide, relation privilégiée entre la petite et ses grands-mères, tranquillité d’esprit d’avoir toujours quelqu’un à la maison, la liste des avantages est sans fin. « Mais le plus important, c’est que nous avons tous conservé un certain degré d’intimité dans cette mini communauté. »

La psychologue de couple Louise Aubé, qui constate parmi ses patients que de plus en plus de familles optent pour ce concept d’habitation, particulièrement en raison du vieillissement de la population, estime d’ailleurs que respecter le besoin de solitude de chacun est primordial, notamment pour favoriser l’épanouissement du couple. « C’est sûr que quand on est plusieurs dans une maison, il y a moins de place pour chacun, mais il faut savoir établir des frontières mutuelles claires et être à l’écoute des besoins de tous les protagonistes. »

Toujours selon elle, même si la cohabitation intergénérationnelle peut être un très beau choix de vie, c’est une aventure qui se prépare. « En général, les familles qui choisissent ce mode de vie sont déjà très soudées. Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux travailler la relation avant, pour éviter les conflits qui pourraient semer la bisbille dans le foyer. L’harmonie est un autre des préalables à ce mode de vie. »

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