samedi 24 novembre 2012

Non à l'allaitement



http://www.lapresse.ca/debats/le-cercle-la-presse/actualites/201210/07/48-1318-non-a-lallaitement.php

Contrairement à bien des femmes qui en font un point d'honneur, j'ai dit un gros NON à l'allaitement quand ma fille est née.

Au-delà de ces belles histoires de «fusion indescriptible entre une mère et son poupon», il y a aussi des récits pas mal moins glorieux où cette succion innocente t'ensanglante et t'arrache les mamelons, ce qui déclenche des douleurs insupportables. Après 24 heures de souffrance innommable provoquée par mon accouchement qui s'est soldé par une atroce césarienne, j'ai mis un stop à toute douleur potentielle supplémentaire. Pour moi, refuser l'allaitement était pratiquement une question de survie mentale.

La pub avec Mahée Paiement qui «glamourise» l'allaitement est d'un ridicule consommé, je ne suis pas la seule à le dire. Cette comédienne est sublime dans sa robe noire étroite, ses cheveux hyper bien coiffés et ses talons hauts. Sauf qu'en réalité, une maman de nouveau-né porte souvent des vêtements en coton lousses et tachés de vomi. Et elle ne se tient pas droite sur une chaise pour donner le sein : elle s'enfonce plutôt dans son sofa pour être confortable parce qu'allaiter, c'est exigeant. Surtout quand tu dois le faire plusieurs fois par jour, et tirer ton lait avec une machine qui fait un bruit épouvantable quand tu dois t'absenter. Et y'en a marre de chercher la perfection à tout prix chez les femmes. Être une maman, c'est tellement loin d'être glamour. C'est composer chaque jour avec mille contraintes, faire de son mieux et accepter d'être IMPARFAITE.

Oui, j'ai refusé l'allaitement, et sincèrement, je ne m'en porte pas plus mal. Ma fille non plus d'ailleurs. En plus de ses couches à changer dix fois par jour, des lavages quotidiens de nos vêtements souillés, des cajoleries à lui faire incessamment pour qu'elle ne devienne pas une enfant en manque d'amour, des nuits à dormir sur une oreille, je n'avais tout simplement pas le courage de mettre mes seins à son entière disposition. Non pas que je voulais les conserver en bon état - rassurez-vous, ma poitrine a toujours été tombante -, mais je ne pouvais pas me mettre dans cette position servile. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai un immense respect pour ces femmes qui acceptent avec amour de se donner autant à leur enfant.

Il n'y a qu'une seule chose qui ne me dérange pas avec cette pub : c'est qu'on ait entouré de beauté l'acte d'allaiter. Oui, c'est vrai que c'est un geste magnifique. Parfois, je me demande même si j'aurais dû, si j'aurais pu faire un effort supplémentaire pour faire partie de ce club sélect des mères respectables de notre société qui n'ont pas donné de lait en boîte à leur enfant. Mais nul ne connaît les limites de mon corps mieux que moi-même. Et ce qui vaut pour moi vaut pour toutes les autres mamans. Si je suis indigne de ne pas avoir allaité, eh bien, je l'assume.

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